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le balbuzard pecheur

Le balbuzard pécheur (Pandion haliaetus) à Tipaza 
Par : Gouichiche M. Centre Cynégétique de Zéralda 
 
Le balbuzard pêcheur ou aigle pêcheur est appelé aussi balbuzard fluviatile. C’est un rapace adiurne d’assez grande taille (150 à 190 cm d’envergure et 50 et 57cm de longueur). Il appartient à la famille des pandionidés et a pour nom latin Pandion haliaetus. Cet oiseau se nourrit exclusivement de poissons, sur lesquels il plonge les pattes en avant. Il peut cependant s’en prendre à d’autres proies (petits rongeurs, oiseaux, reptiles et coléoptères), lorsque la pluie ou la turbidité de l’eau l’empêche de plonger. Il fréquente les lacs, les étangs, et les grands cours d’eau lents, relativement calmes et transparents riches en poissons. On le trouve parfois dans les côtes marines. Pour sa reproduction, le mâle construit son aire (nid) de préférence à proximité des lieux de pêche, en lisière de forêt ou au bord d’une éclaircie sur la cime d’un arbre, sur un piton rocheux escarpé et même sur les  
pylônes des lignes à haute tension. L’aire ressemble à un énorme échafaudage composé de branche morte, consolidé d’année en année tel la cigogne avec de nouveau matériaux. La femelle dépose trois ou quatre œufs splendidement tachetés, dans une dépression peu profonde, arrondie et tapissée de litière. L’incubation est assurée exclusivement par la femelle. Pendant cette période et jusqu'à l’envol des jeunes, c’est le mâle seul qui subvient aux besoins alimentaires de la famille. Cette période est très critique pour la nichée si le mâle arrivait à périr.  
 
Sa position au sommet de la pyramide écologique à l’instar de l’ensemble des rapaces, lui confère le statut de bio indicateur des milieux riches et relativement bien conservés.  
 
Grand migrateur, les populations européennes passent l’hiver en Afrique. Un mâle bagué en Finlande a été repris au retour de ses quartiers d’hivernages à la réserve de chasse de Zéralda en avril 1989. Une femelle reproductrice en Suède, munie d’un collier émetteur est partie de ce pays un 29 ou 30 août pour atteindre Khenchela le 10 septembre, et ce diriger ensuite vers Ain Salah puis quitter le pays à l’extrême sud du pays vers le Mali le 18 septembre (KJELLEN et al. 1979 in P. ISENMANN et A.MOALI 2000).  
Dans les régions où l’on disposait de renseignements précis sur l’importance et la répartition de cette espèce, on notait une régression alarmante de ses effectifs. En 1979, il se retrouvait en Ecosse (1-2) couples, en Norvège (25 couples), en  
Allemagne du nord (60 couples) rare en Pologne, en Russie et en Roumanie (GEROUDET, 1979). Les causes de sa raréfaction sont attribuées à la collecte des œufs par les collectionneurs, aux résidus des pesticides, à la persécution des pêcheurs, à la dégradation de son habitat et à l’essor considérable des activités de loisirs aux bords des lacs. Aujourd’hui, grâce à la protection qui lui est accordée dans le monde, l’avenir de l’espèce semble meilleur. Cependant, l’avidité des collectionneurs ne semble pas faiblir. Ainsi, au Danemark, une loi oblige les personnes détenant d’anciennes collections d’œufs à déposer une déclaration détaillée, pour éviter la tentation de continuer à enrichir la collection ou l’apparition de nouveaux collectionneurs.  
 
La population dans le paléarctique occidental s’élèverait à 7600-9500 couples (GENSBØL, 2005). La population méditerranéenne malgré quelques progrès, est considérée comme menacée.  
L’Algérie avec les Baléares, la Corse et le Maroc fait partie des régions qui hébergent encore des oiseaux nicheurs dont les effectifs totaux ont été estimés à 62 -70 couples en 1991-1993 (THIBAULT et al.1996 in P. ISENMANN et A.MOALI 2000)  
Depuis 2001, un couple de cette espèce colonise le Barrage de Boukourdane. Les deux premières années, les oiseaux étaient observés uniquement en hivernage à l’occasion des dénombrements annuels des oiseaux d’eau. Son observation régulière ces dernières années, semble démontrer que ce rapace s’est sédentarisé. A l’heure actuelle, aucune nidification ni accroissement numérique n’a été constaté.  
 
Cette zone humide artificielle à été réalisée en 1980. Elle se situe à 30km à l’ouest de Tipaza à proximité du village de Sidi Amar, et couvre une superficie de 600ha. Des lâchés d’alevins de carpes commune et argentée par l’Office National de Pêche et d’Aquaculture (ONDPA) quelques années plus tard, on contribués à sa richesse en nourriture pour ces rapaces, ainsi que pour de nombreuses espèces piscivores. Onze espèces d’oiseaux d’eau y sont régulièrement recensés dont sept anatidés (Sarcelle d’hiver, Canard colvert, Canard souchet, Canard siffleur, Canard pilet, Fuligule milouin et Fuligule morillon), trois ardéidés (Héron cendré, Aigrette garzette, Héron garde bœuf) et deux phalacrocoracidés (Grand cormoran et Cormoran huppé), les rallidés (Foulques macroule et Poule d’eau) sont sédentaires. A l’heure actuelle, le statut du Balbuzard pêcheur en tant que nicheur n’est pas encore établi, son avenir dépend étroitement de l’état de conservation de ce site.  
 
Bibliographie 
Benny Génsbøl, (2005). Guide des rapaces diurnes, Europe, Afrique du nord, et moyen-Orient. ed Delachaut et Niestlé. 2005. pp 173-178.  
Paul Geroudet (1979) : Les rapaces diurnes et nocturnes d’Europe ed Delachaut et Niestlé. 1979. p 241.  
Paul Issenmann et Aissa Moali (2000) : Les oiseaux d’Algérie. Société d’Etude Ornithologique de France. SEOF. 2000. pp 125-126. 
 
 

 

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Modifié en dernier lieu le 24.03.2008
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